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[21-01-2011]
  • Congrès d’Orama: La France et l’Europe sont en mesure de répondre aux besoins alimentaires

C’est un discours résolument tourné vers la relance de la production, l’allégement des contraintes environnementales, l’amélioration de la compétitivité et l’innovation qu’ont délivré les producteurs de céréales et d’oléagineux réunis en congrès à Marseille, les 18 et 19 janvier.


 

Alors que les prix des céréales et des oléagineux flambent sur les marchés internationaux et que de nouvelles crises alimentaires se profilent à l’horizon, les producteurs de grandes cultures d’Orama, réunis en congrès à Marseille, les 18 et 19 janvier, ont réaffirmé la volonté d’apporter leur contribution à la satisfaction des besoins alimentaires de la planète et notamment ceux de nos voisins proches de la Méditerranée, l’Egypte et le Maghreb. « La sécurité alimentaire mondiale nécessite que soient pleinement exploitées les potentialités des zones tempérées où la production d’une année sur l’autre est stable : c’est le cas de notre pays », a plaidé Philippe Pinta, le président d’Orama.

Bien entendu, il s’agit d’une volonté politique qui doit être clairement réaffirmée par les instances publiques. D’abord à Bruxelles et dans le cadre de l’élaboration de la future Pac. Et notamment sur les DPU : « Ils doivent rester un instrument socle pour l’économie de nos exploitations », a martelé le président. Quant à leur convergence : « elle doit être nationale et progressive » avant d’être européenne, a-t-il insisté. A l’échelle européenne elle doit être repoussée au-delà de 2020, en raison du différentiel de pouvoir d’achat entre les anciens pays de l’Union européenne et les nouveaux estiment les céréaliers. Côté verdissement des aides dans le premier pilier prôné par la Commission de Bruxelles : « Il n’est pas concevable qu’il se traduise par des charges supplémentaires ».

Un plan silos

Le président d’Orama a également insisté sur la nécessaire régulation des marchés, le parent pauvre du projet de Dacian Ciolos, pour lutter contre la volatilité des prix, tant sur le plan communautaire qu’à l’échelle internationale. Principale piste à explorer : une meilleure connaissance des stocks et la création de capacité de stockage, y compris en France. Orama plaide pour la reconstitution des capacités de stockage qui ont diminué de 10 % au cours des dernières années. « Nous évaluons à cinq millions de tonnes supplémentaires et d’investissements » pour lesquels les céréaliers demandent l’appui de l’Etat.

Bien entendu la relance de la production ne doit pas être entravée par de nouvelles contraintes environnementales qui découragent les initiatives. Et Philippe Pinta d’évoquer la protection des zones de captage, les freins à l’irrigation, les exigences en matière de traitement des semences… Un discours sur lequel Orama a reçu le soutien complet du nouveau président de la FNSEA, Xavier Beulin, qui déplore comme les céréaliers les obstacles qui sont mis à l’innovation en l’agriculture. Notamment en matière de biotechnologies. « Il faut que les pouvoirs publics tiennent compte des propositions des professionnels », a insisté Xavier Beulin pour relancer la compétitivité de l’agriculture française.

Un diagnostic partagé

Un message reçu cinq sur cinq par Bruno Le Maire. Il a confirmé que le G20 présidé par la France allait prendre à bras le corps le sujet de la volatilité des prix et la lutte contre la spéculation financière sur les matières premières. Il partage l’analyse selon laquelle la production doit revenir au centre des préoccupations des politiques. « Je défendrai l’augmentation de la production en France », a-t-il martelé. La même approche prévaut sur la nécessité d’améliorer la compétitivité en réduisant les charges et en favorisant l’innovation.  « Nous ne lâcherons pas sur les OGM, y compris en plein champ ». Comme les céréaliers, il n’est pas favorable au DPU unique en Europe, à cause des disparités de pouvoir d’achat en Europe. En revanche, il est plus nuancé sur le verdissement du premier pilier. Car la Pac ne concerne pas uniquement les agriculteurs, mais tous les citoyens européens…


 

 

Le casse-tête de la contractualisation

 « On n’a pas intérêt à avoir un élevage moribond et faible. Nous devons apporter des réponses au secteur animal qui absorbe une grande partie de nos débouchés », a déclaré Xavier Beulin. Aussi s’est-il prononcé sur une approche « structurelle » et non pas « conjoncturelle » des relations entre les productions végétales et animales. Tout en souhaitant que chaque maillon de la filière puisse répercuter à l’aval l’augmentation de ses coûts de production.

Philippe Pinta s’est également prononcé dans le même sens : « nous pensons que la voie contractuelle est possible et qu’une forme de lissage des prix mérite d’être explorée sérieusement ». Tout en précisant que les marges de manœuvre sont étroites et qu’il était impossible de ne pas tenir compte du marché. Le ministre pour sa part veut aller vite : il a demandé aux professionnels de lui présenter un projet de contrat de filière avant le 15 février avec une mise en œuvre au 1er juillet.

Quant à une éventuelle taxation du prix des céréales à l’export pour peser sur le prix sur le marché intérieur communautaire,  plusieurs fois évoquée, le président d’Orama y est farouchement opposé pour ne pas pénaliser nos clients du pourtour de la Méditerranée. En revanche, il s’est déclaré favorable à la levée des taxes à l’importation sur les céréales et produits destinés à l’alimentation animale.