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  • La presse quebecois juin 2020 n'est pas dupe

Lire aussi comment les anti-OGM québécois indiquent que le seuil est de 210 µg/l et non 0,1 µg/l et vérifiez qu'ils n'ont pas voulu utiliser le teste Elisa non fiable : ici

 

L’article : source : https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-06-17/un-pesticide-jusque-dans-votre-urine  Surligné par Notrefuturdansleschamps

 

Dans nos champs, nos rivières et nos aliments : le glyphosate est présent partout. Cet herbicide controversé est aussi détecté dans l’urine des humains. Afin de conscientiser le public à « l’omniprésence des pesticides » dans l’environnement, le groupe de pression Vigilance OGM lance ce mercredi une campagne de sensibilisation inusitée. Agriculteurs, personnalités publiques et simples citoyens ont fait tester leur urine.

Publié le 17 juin 2020 à 5h00

 

Daphné Cameron
La Presse

 

Du champ à l’humain

Le glyphosate est le pesticide le plus vendu au Québec. Se fraye-t-il un chemin jusque dans nos organismes ? Des actrices, une ancienne vedette du Canadien de Montréal, un chef de renommée internationale : 40 cobayes issus de divers horizons ont été recrutés par le groupe Vigilance OGM afin de répondre à cette question. Résultat : 65 % des échantillons contenaient des traces de cette molécule chimique. La personne ayant montré la concentration la plus élevée est un agriculteur qui arrose ses champs avec cet herbicide.

La Presse a obtenu en primeur les résultats de la campagne. Ils seront officiellement dévoilés ce mercredi matin lors d’une conférence de presse virtuelle ouverte au public qui sera diffusée sur la page Facebook du groupe de pression, qui compte parmi ses membres la Fondation David Suzuki, Équiterre, Greenpeace et l’Union paysanne.

Parmi les personnes testées, on retrouve des personnalités publiques comme l’ancien hockeyeur Georges Laraque, la comédienne Ève Landry, l’actrice et dramaturge Christine Beaulieu, le chef David McMillian, la militante environnementale Laure Waridel et l’humoriste Louis T, mais aussi de simples citoyens et quatre agriculteurs. Ceux qui ont obtenu le résultat de zéro avaient généralement tendance à avoir une alimentation majoritairement issue de l’agriculture biologique.

 

Le coordinateur de Vigilance OGM, Thibault Rehn, insiste : il ne s’agit pas d’une étude scientifique. Le but était plus de « prendre une photo » de la concentration de glyphosate dans l’urine d’une personne à un moment précis dans le temps.

Nous, ce qu’on souhaite, c’est que les gouvernements fassent des études populationnelles par la suite.

Thibault Rehn, coordinateur de Vigilance OGM

 

Le glyphosate est un herbicide qui sert à détruire les mauvaises herbes dans les champs où des semences génétiquement modifiées pour lui résister ont été plantées. Il est surtout connu sous son nom commercial Roundup.

« Le ministère de l’Environnement étudie depuis des années la pollution des rivières liée aux pesticides et on s’aperçoit que 97,7 % des rivières en milieu agricole contiennent du glyphosate. Dernièrement, Santé Canada a aussi testé notre alimentation et en a retrouvé des traces. Nous, notre but, c’était de dire : “on en a dans notre eau, on en a dans notre nourriture, est-ce que ça va jusque dans notre corps ?” », explique Thibault Rehn.

 

Faut-il s’inquiéter des résultats ?

Sur les 26 échantillons positifs, les concentrations détectées s’échelonnaient de 0,091 à 3,423 microgrammes par litre (ug/l). Que peut-on conclure de ces résultats ? Nous avons posé la question à un expert indépendant, Onil Samuel qui, avant sa retraite, il y a quelques mois, était responsable de l’équipe scientifique sur les pesticides à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

« C’est une indication qu’on est exposés, mais ce n’est pas nécessairement une indication qu’il y a un risque, dit-il. D’avoir 40 échantillons, ça permet de dire que oui, on peut être exposés à de très faibles doses de glyphosate, mais pas plus. Je trouve intéressant, par contre, que chez les gens qui consomment principalement bio, on en ait trouvé moins. »

Il souligne que les résultats sont largement en deçà des doses de référence chroniques, c’est-à-dire le niveau que des organismes réglementaires ont fixé pour une consommation journalière sécuritaire du produit durant toute la vie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe cette dose à 1 mg par tranche de 1 kg de poids corporel par jour et l’EPA américaine, à 1,75 mg par kilogramme par jour.

Par exemple, si une personne pèse 60 kg, elle pourrait consommer 105 mg du produit tous les jours et en théorie, il n’y aurait pas d’effets sur la santé. Ces données proviennent cependant des études de l’industrie, mais c’est les seules données qu’on a.

Onil Samuel, ex-responsable de l’équipe scientifique sur les pesticides à l’INSPQ

Pour utiliser cette norme, il faut récolter toutes les excrétions d’une personne durant une journée et non un seul échantillon d’urine.

 

Une autre experte québécoise de la question des pesticides, Maryse Bouchard, a accepté de se prêter au jeu de Vigilance OGM. La professeure agrégée au département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine a obtenu une concentration de 0,224 ug/l.

« Les risques sont mal documentés donc pour moi, ça souligne des questions surtout. Ma réaction, c’est de dire : comment ça se fait qu’on ne met pas plus d’énergie à mieux comprendre les risques, d’une part, tout en n’attendant pas d’avoir des connaissances entières avant de mettre en place des méthodes de lutte alternatives qui permettraient d’utiliser moins de ces pesticides-là ? », dit-elle.

 


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