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  • Les anti OGM quebécois confirment que les tests Elisa sont bidons

Lire aussi : ce que dit la Presse au Québec : ici

 

Ce que disent les anti-OGM Québécois sur leur site en juin 2020  ?

https://www.vigilanceogm.org/glyphotest#tab_seuils-agences-reglementations

 

Extrait (à retrouver ici page 2) :

Seuils autorisés dans l’eau potable

En Europe, lors des campagnes de surveillance sur la présence de glyphosate dans les urines, on a souvent comparé les concentrations retrouvées avec la norme de qualité de l’eau dans l’eau potable, qui est de 0,1 μg/L. 

Le seuil de qualité est 2 100 X supérieur au Québec :  210 μg/L. 

Pire, il est même de 280 μg/L au Canada. 

 

 

Ces concentrations sont-elles inférieures aux seuils fixés par les agences de réglementations ?


RÉPONSE COURTE :

Il n’existe pas de limite dite « acceptable » de pesticides dans nos urines

RÉPONSE PLUS LONGUE :

Même s’il n’existe pas de limite dite « acceptable » de pesticides dans nos urines, il existe trois seuils qui ont été établis par des instances de réglementation avec lesquels on peut référer nos résultats pour se donner un « ordre d’idée » du niveau de contamination de notre corps. 

Limite maximale de résidus (LMR)

Santé Canada fixe des limites maximales de résidus (LMR) de pesticides sur les aliments consommés par les humains (1). Cependant les LMR sont malheureusement flexibles : en effet, on a vu la LMR américaine du glyphosate dans le  soya passer de 5 mg/kg à 20 mg/kg en 1997 au moment de la commercialisation du soya GM. En 1999, l’Europe fait passer sa LMR pour le soya de 0,1 à 20 mg/kg suite aux premières importations de soya GM provenant d’Amérique.

Ces normes légales ne sont pas des standards de santé, mais plutôt des valeurs de production agricole. Ces valeurs sont établies à partir des tests dans les champs nécessaires à l’homologation d’un produit (2,3). Ce sont donc les fabricants qui fixent les LMR à partir de leurs rapports en champ et offrent aux producteurs agricoles la garantie qu’elles ne seront pas dépassées s’ils suivent les directives inscrites sur l’étiquette collée sur le contenant de pesticides. Il n’est donc pas surprenant de voir que les normes ainsi fixées sont rarement dépassées. 

Pour le glyphosate, il existe 56 denrées alimentaires qui contiennent une LMR, allant de 0,08 à 40 mg de glyphosate/kg (4). 

D’autres risques demeurent car l’impact sur la santé d’un ensemble de pesticides présent dans un même aliment est peu connu (5). 

La dose aiguë de référence (DARf)

La dose aiguë de référence (DARf) est la quantité estimée d'une substance chimique présente dans les aliments, exprimée sur la base du poids corporel, qui peut être ingérée sur une courte période de temps (généralement au cours d'un repas ou d'une journée) sans présenter de risque pour la santé. En Europe, la DARf autorisée pour le glyphosate est de 0,5 mg/jour/kilo (300 avant 2016) et de 1,75 mg/jour/kg aux États-Unis (6).  

Ici, Santé Canada, qui pour la première fois en 2015-2016 (7) a testé la présence de résidus de glyphosate sur des aliments, conclut : … « les risques associés à l’exposition aiguë ou chronique par voie alimentaire ne sont pas préoccupants » (8).

Seuils autorisés dans l’eau potable

En Europe, lors des campagnes de surveillance sur la présence de glyphosate dans les urines, on a souvent comparé les concentrations retrouvées avec la norme de qualité de l’eau dans l’eau potable, qui est de 0,1 μg/L. 

Le seuil de qualité est 2 100 X supérieur au Québec :  210 μg/L. 

Pire, il est même de 280 μg/L au Canada. 

Ainsi, un.e Européen.ne de 70kg ne pourrait boire que 170 mL d’eau québécoise pour respecter la DARf de sa région, tandis qu’un.e États-Unien.ne du même poids pourrait en boire 600 mL. Ces seuils à ce point variables ne semblent pas assez restrictifs.

Il faut cependant comprendre que le seuil en France est une norme par « défaut », tandis qu’au Québec, elle est basée sur « une évaluation de risque ». Ceci dit, plus une norme est basse, mieux la population est protégée - en autant qu’on puisse les respecter.

Rappelons aussi que ce n’est pas du glyphosate qu’on épand sur nos champs, mais des pesticides à base de glyphosate, comme le fameux Roundup de Monsanto. Les co-formulants chimiques de ces pesticides, qui représentent 60 % du produit environ, sont souvent inconnus et leurs impacts ne sont pas analysés. Au-delà des pesticides à base de glyphosate, on peut retrouver dans notre environnement, en moyenne, plus de 7 600 pesticides commerciaux homologués (9) par Santé Canada. Ces pesticides peuvent interagir entre eux et augmenter les impacts négatifs individuels, c’est ce que l’on appelle l’effet « cocktail ». Or, il n’existe pas de seuils qui tiennent compte de ces effets. 

 

Au-delà du niveau variable de ces seuils, ce qui est important de retenir, c’est que ce sont souvent des seuils plus politiques que scientifiques. Il est en effet pratiquement impossible d’estimer des seuils pour chaque type de pesticides qui garantissent l’absence d’impacts sur notre environnement et notre santé. La seule issue pour diminuer notre exposition à ces substances reste donc de diminuer, à la source, leur usage et ainsi diminuer leur présence dans notre environnement.

 (1) Limites maximales de résidus pour pesticides, site de santé Canada (lien)
(2) Davies, Les, Michale O’Connor et Sheila Logan, (2004).
Chronic Intake. Hamilton, Denis et Stephen Crossley (éds), Pesticide Residues in Food and Drinking Water. Human Exposure and Risks, John Wiley & Sons Ltd, Chichester : 213.
(3) Maclachlan, Dugald J. et Denis Hamilton. (2010). Estimation methods for Maximum Residue Limits for pesticides. Regulatory Toxicology and Pharmacology, 58 : 208-218.
(4) Site de Santé Canada
(5) Pesticides en milieu agricole, Chapitre 3, Rapport du commissaire au développement durable, Printemps 2016, Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2016-2017.
(6) Myers & Coll 2016: Concerns over use of glyphosate-based herbicides and risks associated with exposures: a consensus statement (
lien)
(7) Sauvegarder grâce à la science : Dépistage du glyphosate en 2015-2016 (
lien)
(8) Décision de réévaluation RVD2017-01, Glyphosate (
lien)
(9) 
http://www.environnement.gouv.qc.ca/pesticides/apropos.htm, consulté le 5 août 2019

Document à consulter :

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