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[17-10-2017]
  • Glyphosate : ARTE et le Monsanto devant ses juges

Ce soir sur ARTE l'attaque contre le glyphosate

Décodage de points agricoles où notre connaissance du dossier conduit a des interrogations sur les autres points.


 

Décodage des pseudo info de Monsanto face à ses juges arte 17 oct 2017 source UDSEA37

Premiers éléments de décodage 

 

Le documentaire est en avant-première sur Telerama. Permet de le voir en décalé au retour des semis ? lien

 

Dans le cadre de la campagne contre l’autorisation du renouvellement du glyphosate, leurs détracteurs ont organisés un évènement de pression à La Haye l’été dernier intitulés « Monsanto face à ses juges ». La documentariste militante, Marie Monique Robin, a réalisé un libre et un documentaire en parallèle. Ce documentaire est programmé pour ce soir mardi 17 octobre à 20 h 30 sur Arte.

C’est un outil de plus dans l’intense campagne de lobbies organisée par les opposants aux glyphosate. Sa date de programmation est en relation directe avec le calendrier de négociation européen. 

Les agriculteurs, mais aussi des scientifiques alertent la presse et l’invitent à regarder avec circonspection le documentaire et alerter les citoyens.

 

C’est un documentaire militant, un outil pour une cause et non une enquête journalistique.

Au-delà des arguments militants, il convient de prendre en compte les avis scientifiques divergents, dont certains récusent formellement les effets potentiels cancérigènes ou perturbateurs endocriniens.

Vous trouverez ci-après quelques premiers éléments qui motivent notre alerte.

 

 

Des allégations non sérieuses, des points significatifs qui montrent le peu de qualité du documentaire. Inventaire non exhaustif

 

1/ Au début : Atrésie de l’oesophage :

Interrogations de parents d’un enfant atteint d’une atrésie de l'oesophage. Ils incriminent le glyphosate car la mère l’a utilisé pour désherber une parcelle de 700 m2 à la pompe à dos en début de grossesse.

C’est la situation typique de personnes dans la douleur qui cherchent une raison, un responsable direct à leur difficulté. Mais les tiers doivent avoir du recul. Que dit la médecine sur les causes de ces malformations ? Si elles sont liées au glyphosate, sa fréquence a-t-elle progressé depuis l’utilisation du glyphosate (milieu années 80) ? Est-ce que les mères des enfants atteints ont un profil d’utilisateur du glyphosate (ruraux, agricultrices, ouvriers agricoles – paysagistes)?

Si une liaison était soupçonnée, MMR (Marie Monique Robin) ne manquerait pas de citer les études « non militantes » correspondantes. Il n’en est rien.

Mais on comprend à la fin de la vidéo (vers 1 h 15) que cela permet de faire la boucle émotionnelle avec des déformations de porcelets aux USA. Déformations qui ne sont pourtant pas du même registre que l’atrésie de l’œsophage.

 

2/ Sri Lanka : A partir de 49 minutes

Le roundup serait responsable de problèmes rénaux. Si on lit les documents (1) des autorités du Sri Lanka (lien) on note qu’il y a une exposition aux pesticides (dont glyphosate) mais que ce n’est pas retenu comme cause. Ce serait plutôt le cadmium.

 

3 /Vers 1 h 02 : L’action répétée du glyphosate induirait des carences pour le maïs et le soja qui développerait une maladie aux USA :

Si c’était la réalité, cela apparatrait dans la littérature agricole et non seulement dans la bouche de militants. En conséquence la surface de maïs OGM (89 %) aux USA auraient diminuées. Les données indiquent que la surface ne progresse plus, régresse légèrement, notamment pour satisfaire la demande de marché non OGM (les USA exportent leur maïs), mais pas pour des raisons techniques ni des problèmes de maladies. (Lien)

 

4/ Vers 1 h 06 : Problèmes en élevage

Le film indique des problèmes en 2006 (manque de manganèse). Depuis, la surface où le roundup est utilisé ont augmentée. Et comme 89 % des  surfaces en maïs sont OGM, les vaches US mangent des OGM encore aujourd’hui. Et 10 ans après, si il y avait une réalité, il y aurait eu des études (sourcées) plus récentes, surtout quand on se rend compte des multiples études faites dès qu’il y a un angle d’attaque.

 

5/ Vers 1 h 10 : Botulisme  chez les vaches lié au soja OGM importé.

On se souvient que dans le documentaire militant « Le Monde selon Monsanto » il y avait un témoignage d’un éleveur qui incriminait le Roundup. L’analyse à postériori a montré qu’il était seul dans ce cas et que, sans doute, la raison de ses déboires était dans la gestion de son élevage.

Nous recherchons  par les organismes techniques nationaux français s’il y a une réalité qui leur est remontée. Est-ce que c’est un cas individuel ou global. ?

 

6 / Vers 1 h 14 : Porcs malades et porcelets déformés :

Témoignage d’un éleveur de porc qui incrimine le glyphosate d’être responsable de maladies, de diarrhées et de très mauvais résultats techniques.

Le témoin indique, que « miracle » en passant à l’alimentation sans OGM roundup ready, en deux jours, fin des problèmes ! Vu la rapidité de la guérison, l’œil de l’éleveur laisse à penser que c’est le stock d’aliment qui avait un défaut (microtoxine ?)

 

 

7/ Eléments en liens à la santé humaines (cancer) et attaque de la probité des agences (1 h 22) :

Il y a déjà eu de nombreuses réponses de l’ESFA (détail sur site ESFA) et de l’agence allemande. Cela a fait l’objet d’un débat récent au Parlement européen. Les affirmations ne sont pas étayées.

Et, si l’on veut rentrer dans le registre polémique, l’étude du CIRC est elle-même contestée, notamment la contribution de Potier qui est cité dans le documentaire. Lien. A noter que l’auteur de la critique est voué aux gémonies par les militants anti-Roundup mais ces affirmations sont très rarement portées en défaut.

Comme l’indique (lien) Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS de Grenoble, plutôt qu’expliquer la différence entre ce qu’une substance peut faire et ce qu’elle fait réellement, ce qui pouvait réconcilier les deux positions, des fonctionnaires du Circ ont préféré formuler des accusations contre l’EFSA.  

 

Des méthodes de « propagande » qui ne sont pas du journalisme d’investigation.

 

Cas particuliers médiatisés pour la « bonne » cause !

Plus globalement, ce sont très souvent des cas particuliers qui sont exposés. Alors que s’ils avaient l’ampleur annoncée il y aurait une information, un appui technique dans les pays concernés qui relaierait le problème, proposerait des solutions aux agriculteurs, aux éleveurs. On ne retrouve pas traces de tel document de réaction pragmatique. MM Robin en dispose-t-elle ?

 

Ne pas confondre corrélation et causalité

Lorsqu’on milite pour une cause on confond « corrélation et causalité ». Il semble que (de manière consciente ou pas (2)) MMR mélange. Les exemples ci-dessus le démontrent.

Exemple, pour imager la différence entre cause et corrélation : On a constaté (corrélation) un taux anormalement élevé de cancers du poumon chez les gens qui ont un briquet dans la poche. Mais avoir un briquet dans la poche ne donne pas le cancer (ce n’est pas la cause).

 

Le précédent de « Le Monde selon Monsanto »  

C’était déjà le cas dans « Le Monde selon Monsanto » (2008) on notait que MMR n’était pas très rigoureuse dans ses arguments. Un des exemples est l’affirmation (lien vers youtube) d’un lien entre le suicide chez les paysans indiens et les cotons OGM (aller à 1 h 18). De nombreuses études (exemple) ont été faites depuis et ont montré que il n’y avait pas de lien direct. C’est un problème culturel qui ne touche pas que les agriculteurs.

Par ailleurs, si OGM signifiait perte de récolte systématique, les paysans indiens auraient arrêté. Ors la surface à nettement progressée depuis : lien Wikipédia : 90 % de la surface en coton OGM aujourd’hui. Les variétés adaptées localement (et qui ne l’étaient pas au début) ont été adoptées par les paysans indiens. Rappelons aussi que ces cotons OGM réduisent le nombre de passage insecticides et donc les risques sanitaires pour les paysans indiens.

Autre décodage du « Le Monde selon Monsanto » : premier décodage en 2008 après parution.

 

 

(1)              / Traduction du résumé de l’étude du Sri Lanka : Conclusions
Ces résultats indiquent une exposition chronique des populations de la zone d'endémie à de faibles niveaux de cadmium dans la chaîne alimentaire et également aux pesticides. L'excrétion urinaire significativement plus élevée de cadmium chez les individus atteints de CKDu et la relation dose-effet entre la concentration de cadmium dans l'urine et les stades de CKDu suggèrent que l'exposition au cadmium est un facteur de risque de pathogénie de la CKDu. La carence en sélénium et la susceptibilité génétique observée chez les individus atteints de CKDu suggèrent qu'ils peuvent être des facteurs prédisposants pour le développement de la CKDu.

 

(2)   Mme Robin se mélange-t-elle dans la compréhension ou manipule-t-elle ?

A chacun de se faire son opinion mais les méthodes sont toujours les mêmes : dramatisation, accusation de complot mais surtout jamais de retour critique comme : « 5 ans après qu’en est-il des éléments d’alertes ». On l’a constaté avec « Le Monde selon Monsanto » : les catastrophes annoncées ne se sont pas produites. Une partie de celles annoncées dans « Monsanto devant ses juges » datent de plusieurs années et elles ne sont pas actualisées.

 


 

 

A propos de l’effet chélateur qui est abondamment cité par MM Robin. Complément

 

Nous avons interrogé :

La « Plate Forme glyphosate France » _site - qui est l’outil de lobbies des fabricants de glypho en France : rien sur ce thème.

Arvalis : échange de mail : 1ère réponse : Jamais entendu parler (à propos des problèmes liés à cet effet).

Ce qui montre bien que ce prétendu problème n’en est sans doute pas un.

 

Dans leur communication les anti-glypho font l’association suivante : blocage de certains éléments dans le sol : donc plus dans les aliments : donc aliments moins nourrissant : c’est pour cela qu’il faut acheter des pilules, des compléments alimentaires (dixit José Bové).

 

 

Complément d’infos Arvalis suite échange tél  (en cours de validation par Arvalis).

 

Le glyphosate est un « acide faible », ce qui signifie qu’il est chargé «-«   (négativement) lorsqu’il n’est pas réduit. Il est possible d’avoir une liaison avec un anion (chargé « + »), ce qui est bien connu des agriculteurs, avec des eaux dites « dures » (ou abusivement appelées « calcaires ») lors de la préparation de bouillie herbicide, où le glyphosate perd en efficacité suite à sa « chélation » par le calcium de l’eau (Ca²+).

Dans le sol, le glyphosate peut se lier à de nombreux éléments (matière organique, minéraux chargés +) , mais il est aussi dégradé.

Une publication de référence https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3479986/

 (Duke et al., Glyphosate effects on plant mineral nutrition, crop rhizosphere microbiota and plant disease in GR crops, 2012).

En résumé : la quantité de glyphosate appliqué est très largement <<<< à la quantité d’éléments pouvant se lier aux glyphosate (si l’on ramène à l’hectare). Donc il reste toujours beaucoup d’éléments disponibles.

 

Sans compter que le glyphosate se dégrade alors que les éléments en question, non. Il est donc tout simplement impossible de « saturer » le sol de glyphosate et de « chélater » tous les éléments.

Les revues de biblio sur le sujet n’ont jamais montré d’effets du glyphosate sur l’alimentation minérale des cultures, notamment aux US sur des cultures GM tolérantes


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